Filtre en cours : Octobre 2015
26 oct. 2015
Quentin, doreur patient et minutieux

Il a appris le métier de doreur chez Hanser et cumule aujourd’hui pas moins de 20 ans d’expériences professionnelles à seulement 37 ans ! Ce jeune papa de deux enfants, qui jouait au football avec ses amis n’a plus guère le temps pour les loisirs.

Son métier ? Doreur. Est-ce qu’il y a encore des formations à l’école ? « Plus vraiment, j’ai appris avec des collègues, des conducteurs machine qui étaient chez Hanser », résume Quentin, qui a vu passer des centaines de commandes toutes aussi complexes les unes que les autres. Son expertise intervient en bout de la chaîne de l’embellissement. Compte tenu du coût engendré par cette technique, le droit à l’erreur est quasiment inexistant.

Entré comme apprenti en 1995, à l’âge de 17 ans, Quentin estime qu’il faut 3 à 5 ans pour qu’un doreur commence à être autonome sur des travaux complexes. Mais il reconnait aussitôt qu’il apprend encore, après 20 ans de pratique, même s’il pratique la dorure galbée ou microstructure qui sont les techniques les plus minimalistes du marquage à chaud.

Adaptation aux machines

Derrière Quentin, il y a eu tout au long de ces années une évolution du matériel utilisé : « J’ai commencé avec des petites platines automatiques OFMI, puis une platine presse-portefeuille ;  ensuite, je suis passé sur cylindres petits et grands formats. Je travaille actuellement sur une autoplatine Speria. »

Le savoir-faire

Lorsqu’on lui demande une définition de la dorure, voici une réponse synthétique : « c’est un transfert d’un film à l’aide de pression et de chauffe, sur un support. Ce film peut être or, argent ou de couleur, brillant, mat ou satiné, de différentes teintes ; l’application s’effectue à l’aide d’un bloc gravé (en magnésium, laiton ou cuivre, sélectionné en fonction du travail à accomplir). »

Les étapes à respecter sont les suivantes : fichier transmis par le client, permettant la réalisation d’un film de placement, fabrication des fers à dorer  par un sous-traitant, mise en place des blocs sur le chassis, équilibrage de la mise.

« Le placement du marquage à chaud peut se faire, soit après l’étape d’impression, soit sur un support vierge, en prévision de découpe ou gauffrage, ou de surimpression sur la dorure », précise le spécialiste.

Et d’ajouter : « L’équilibrage de la mise peut aller jusqu’à une précision de 2/100ème de mm, certains supports nécessitant plus ou moins de pression que d’autres. »

Un calage de dorure peut couramment prendre 3 ou 4 heures, selon le travail à réaliser. « on développe des qualités de patience, de minutie et une écoute du besoin des clients et toujours avec la satisfaction d’avoir participé à l’embellissement d’un produit », témoigne –t-il.

Références clients parmi les plus prestigieuses

En poste soit le matin (6 h/13h30), soit l’après-midi (13h30/21 h), il arrive parfois, exceptionnellement de finir un travail pour des clients le samedi en fonction des délais à respecter.

Parmi les références clients, Hanser compte de nombreuses marques de luxe, notamment chez les parfumeurs. Les spiritueux, quelques faire-part ou invitations très haut de gamme Pour le Book des effets spéciaux, Quentin a apprécié de travailler sur du papier Fedrigoni  mais reconnait que d’autres sont complémentaires pour l’application du marquage à chaud et qu’il est préférable de s’assurer au préalable de sa compatibilité avec le film choisi.  

Quoiqu’il en soit, il est prêt à relever le défi de commandes très complexes en perfectionniste, à l’affût du moindre défaut. 



12 oct. 2015
Franck, la sérigraphie chevillée au corps

Initié par un maître de la sérigraphie en France et reconnu à l’international, Michel Caza, Franck a fait ses classes pendant 15 ans. Parmi les clients de cet atelier mythique de grandes marques comme Chanel, Vuitton pour la PLV haut de gamme et de nombreux artistes contemporains ; Arman, Pierre Soulages, Jeff Koons, Andy Warhol, Salvador Dali, Niki de Saint Phalle, Leonor Fini, Robert Combas, Fabienne Verrier, Hugo Pratt et bien d’autres, mais aussi le Palais de l’Elysée pour ses cartes de vœux.

Inscrit à Corvisart aux cours du soir, en vue de passer un CAP de sérigraphe, Franck a 26 ans lorsqu’il intègre l’équipe de GrafiCaza à St Ouen L’Aumône et  il y travaillera pendant 15 ans. L’atelier sera vendu en 2005 et Franck voguera alors vers d’autres horizons. « Avec Michel Caza, j’ai appris les encres UV, la fabrication des teintes, l’impression en trame fine.  Une approche technique et artistique de la sérigraphie. Une aventure passionnante qui dura 15 ans. »

Un ami qui installait du matériel de sérigraphie chez SAG m’a dit que le patron d’alors était en recherche d’un sérigraphe confirmé. Après une formation prépresse en PAO, une validation des acquis (VAE), Franck passera de l’image au lettrage. « La difficulté réside dans les subtilités du réglage de la machine, le choix du caoutchouc de la racle qui sera déterminant pour rendre la finesse d’une typographie… », explique-t-il. Aujourd’hui, Franck a 51 ans et 25 ans de sérigraphie.  L’apport de sa connaissance pour les grandes marques est précieuse à la société SAG.

Travail d’expert sur le Book des effets spéciaux

Le book des effets spéciaux a été un superbe challenge pour Franck qui a utilisé certaines teintes fabriquées chez Dubuit, en fonction des supports donnés par Fedrigoni : « Selon la variété des papiers, il fallait trouver des solutions, tout en donnant suffisamment d’intensité aux couleurs du Book » Le résultat est présent avec un coup de cœur spécial décerné à l’occasion du salon Graphitec 2015. Franck étant un maillon de l’équipe des sérigraphes présente à toutes les étapes de fabrication (Yero N’Diaye aux écrans, Sonia Merzouk à l’impression)

Les machines sur lesquelles travaillent Franck sont une « 4 pinces à plat et une machine cylindre ». La sérigraphie permet l’impression sur des papiers d’exception. Ici, Japell Hanser Sag demeure compétitif, pour certains vernis relief et vernis paillettes. Toutes les commandes réalisées sont archivées afin de pouvoir refaire les mêmes travaux (maille de l’écran, capillaire utilisé, type de racle, formulation des teintes).

Franck a deux enfants de 18 et 22 ans. Dont un qui est en stage découverte au sein de la société. Côté finition, une autre de ses spécialités, l’orfèvre de la typographie aime le sur-mesure : «  pour moi, c’est un prolongement, j’ai continué à apprendre mon métier en travaillant avec de la typographie, chercher des solutions liées à la bonne texture de l’encre, son accroche, son éclat, ainsi qu’aux réglages nécessaires. » Son expérience lui permet de conseiller les clients pour donner corps à leurs idées. Un sens de la pédagogie au service des plus exigeants.

 



05 oct. 2015
Ludovic Gaujard, responsable pelliculage de nuit

Rentré chez Japell à l’âge de 23 ans, Ludovic est désormais responsable de l’équipe de nuit. Sacré parcours pour ce sportif qui a pratiqué le vélo de route en compétition.

 

L’univers de la nuit, à l’atelier, c’est toujours particulier. Des horaires décalés bien sûr quand tout le monde dort, mais aussi un choix de la part de Ludovic, en 2000, à l’occasion du passage aux 35 heures.

Chez Japell Hanser Sag, pas moins de 10 personnes oeuvrent de nuit pour que les clients aient leurs commandes au petit matin. Les nuits commencent à 20h 30, jusqu’à 5 heures du matin, avec une pause obligatoire de 30 minutes à deux heures du matin.

Ludovic est conducteur du pelliculage de nuit et aussi responsable de cet atelier. « La valeur ajoutée du pelliculage, c’est de rendre le papier déjà imprimé plus résistant, imperméable, en quelque sorte en faire un véritable produit de luxe. Nous avons plusieurs aspects au finish : mat, brillant, mat satiné ou polyester argent…pour les papiers les plus exigeants, ils sont soumis à quatre passages», explique Ludovic.

Différentes techniques de collage

« Lors de ces passages, afin que le pelliculage prenne sur la feuille imprimée, l’étape du collage est nécessaire. Il existe plusieurs techniques : colle à eau puis passage au four pour sécher la colle, colle déjà appliquée sur la pellicule, ce qu’on appelle le dry (brillant ou mat) ; colle à UV, c’est-à-dire colle séchée sous des lampes UV. Chaque technique correspond au papier désiré et au traitement adapté. L’enrichissement d’une feuille augmente son coût unitaire. Le traitement est différent selon que ce soit une bande dessinée, une affiche ou un  support de luxe où quatre passages sont nécessaires », explique cet expert.

La nuit, Ludovic est référent du bon fonctionnement des machines: une destinée à la colle UV, deux à la technique du dry dont une recto-verso, une grande dry pour les très grands formats, deux destinées à la colle à eau.  

Ludovic s’accorde une micro-sieste de 15 minutes chaque nuit afin de tenir le rythme, dans la salle de pause. L’équipe est particulièrement solidaire et très expérimentée, avec des profils possédant  en moyenne 20 ans d’expériences maison. Les petits trucs de professionnels du pelliculage, chaque membre de l’équipe les connaît et les applique au profit de clients habitués à la qualité Japell Hanser Sag mais toujours aussi exigeants. L’excellence, c’est la griffe de la maison Japell Hanser Sag depuis 1977.